Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 20:43

suite ...et fin.

 

D’après « La Sauvegarde des Coteaux du Jarez », groupe local d’opposition à l’autoroute, les études montrent que le trafic global de la région stéphanoise pourrait augmenter de 3% par an –près de 135 000  véhicules sur la route entre Lyon et St Etienne en 2020. L’ancienne A47 blâmée par près d’une génération, supportera plus de trafic après la construction de l’A45 qu’elle n’en subit actuellement. Et la vallée paisible de la Durèze sera l’écho constant du trafic émanant du tunnel et subira l’assaut  du bruit et de la pollution des camions routiers descendant la pente le long du village de Chagnon.

 

Rester et

 cultiver la terre

Chagnon a un charme pittoresque. Encastré  dans le paysage, comme s’il n’avait jamais été habité, ce qui a probablement été vrai bien avant que les ruines romaines soient construites. Récemment  les locaux ont inauguré un nouveau monument : une réplique de la pierre posée là bas par l’empereur Hadrien interdisant aux paysans de planter près de l’aqueduc. La nouvelle  version interdit de bétonner et de polluer. Cité dans la Tribune Le Progrès, Marcel Petiot, le maire de Chagnon, s’exclamait « un drame pour nos fermes, des propriétés coupées en deux ! »

            Il dit que les vents prédominants vont souffler les émissions et les poussières de l’autoroute sur les champs où les fermiers font pousser leur grain et leur foin pour le bétail et sur le village lui-même. « Les camions remplis de fruits venant directement du Portugal ou de l’Espagne vont concurrencer notre production locale. Mon conseil a été élu pour protéger notre statut social rural. Nous voulons que nos jeunes restent dans les fermes. Que va nous apporter l’A45 ? Rien ! »


            François Catalano, 64 ans originaire des Coteaux, enseignant à la retraite,  a vécu  à Cellieu pendant trente ans. C’est le porte parole de la Sauvegarde des Coteaux du Jarez. M.Catalano profite du soleil matinal dans son petit jardin et aime beaucoup marcher dans les sentiers paisibles près de sa maison, d’où il peut contempler la faune et la flore et profiter de la paix de ses monts et vallées. « Les businessmen de St Etienne disent avoir besoin de l’A45 » dit Catalano. « Nos élus officiels disent la même chose dans la mesure où l’industrie est plus puissante que la poignée d’homme que nous sommes ».

            « Comme la plupart des emplois se trouvent à Lyon, nous devrions avoir un TER mais en réalité, les politiciens devraient créer du travail sur place, ici dans les Coteaux du Jarez et dans la Vallée du Gier. Ils ignorent l’urgence. Nous avons besoin d’une voie ferrée jusqu’aux parcs industriels où les trains ne vont pas. Et pourquoi ne pas transporter les containers par le train ? C’est bon pour la Suisse mais ici ils ne veulent pas bouger d’un doigt et commencer à développer ceci. A la place, il y a l’autoroute. »


            Pascal Garrido, 61 ans, est le maire de La Talaudière depuis 21 ans. Situé en hauteur des banlieues de St Etienne, cette petite ville de moins de 7000 habitants a un centre ville bien défini et une situation dans un milieu rural enviable.

            L’A45 détruira cela, coupant en deux les communes, plaçant un pont amenant des dizaine de milliers de véhicules à l’endroit où les résidents aiment profiter des berges de l’Ondaine, détournant la rivière elle-même pour faire de la place pour la route massive.

            Pour M.Garrido, ne pas réparer l’autoroute existante et attendre plus de quinze ans la nouvelle, n’a pas de sens. « Nous avons besoin que les politiciens acceptent de réparer  l’A47, qui n’a pas vu d’amélioration depuis quarante ans. Dit il. « Presque tout le monde ici est contre l’A45. La ville de Givors s’oppose aussi à cette nouvelle autoroute. Ils savent que pendant qu’ils travaillent sur l’A45, les conditions dans la vallée vont devenir pires ».


            La planification fébrile est en cours pour l'urbanisation rapide de St Etienne et ses alentours. Les tramways existent à l’intérieur mais pas entre les villes. L’idée est que les gens laisseront leurs voitures au bord de la ville, et non à la maison. La population plus pauvre et en grande partie immigrée est laissée le long de l’A47  avec peu d'option de transport, alors que ceux qui peuvent se permettre de payer le prix du gasoil plus élevé et les péages chers sont favorisés.

Même l'élargissement du vieil autoroute à trois voies, étant donné qu'il doit porter le trafic de tout le secteur pendant au moins les 15 années à venir, est vu comme trop coûteux, alors que des évaluations du coût au public du nouvel A45 - avec ses tunnels et viaduc très chers -s'élèvent à 70%, avec les gens du pays payant la part du lion. Pour le moment ce qui est le plus envisagé, c’est la nouvelle route.

Homme d’affaires et membre de la chambre de commerce Bernard Moissonnier  a été cité dans Le Point décrivant en termes rougeoyants la création d'un secteur urbain énorme. "Dans cinquante ans, Lyon ressemblera à Los Angeles", rappelle t’il. Avec l'A45 comme lien direct vers Lyon il espère attirer des voyageurs vers un nouvel aéroport à Saint Etienne. « C'est notre destin de devenir l'aéroport occidental de ce grand conglomérat ». Dans cette vision, la campagne autour des villes comme St Martin La Plaine et St Maurice sur Dargoire doit être engloutie par les cités dortoir. Le « destin » du résidant rural à long terme va devenir flou dans leur propre ville ; la dépouille de leurs bien familiaux, les routes à péages élevés et le prix du carburant limitant leur choix.

Même s’ils arrivent à vivre avec le bruit et la pollution de l’A45, beaucoup ne pourront pas accéder à la nouvelle autoroute - peu de secteurs de point d'entrée et un passage  au péage signifient  plus rapide pour ceux qui traversent la région- ainsi les gens du pays continueront à descendre dans la vallée comme ils l’ont toujours fait et  avec ceux qui languissent le vieux couloir d'autoroute, emploieront l'A47 délabrée pour arriver à Lyon et à Saint Etienne. L'aqueduc de Gier a été  en service pendant  400 ans avant que les paysans  commencent  à le démonter pour saboter l'empire romain affaibli ou pour obtenir juste de la pierre pour leur propre utilisation. L'A45 peut ne sera pas en service avant 2020, et n’aura peut être jamais une utilisation durable, arrivant tard dans l'ère de pétrole.


            En décembre 2004, le pont le plus haut au monde s'est ouvert à l'extrémité méridionale du massif central. Deux kilomètres et demi de long, s’élevant à 290m au dessus des gorges du Tarn, il est comme l'A45 : un genre de surpuissance, un hommage à l'amour français pour la voiture ; un symbole fortement sonné à la trompette par la France moderne. Ironiquement, en même temps c'est un autre lien pour faire traverser le pays plus rapidement aux camions - au prix de faire disparaître la valeur de la campagne française.

 

 

Mokai est un musicien et un activiste résidant à San Francisco, en Californie, USA.


 

Par Catalano
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 20:39

 

suite ...

 

Les fruits du travail

Le joyau de ce groupe de communes rurales est : Les Coteaux Du Jarez, où les champs et les forêts laissent cours aux vergers verdoyants. Au printemps, les collines prennent de la couleur dès les floraisons et en été les cerises, les prunes, les pêches et les abricots sont cueillis suivis des pommes et des poires en automne. C’est le genre d’endroit où les habitants consomment lait, beurre et fromages frais produits par les fermiers et les arboriculteurs descendent dans la vallée au marché vendre leurs fruits.

            Perché au sommet d’une colline, le village de Cellieu est le berceau de quelques douzaines de petites exploitations. Les arboriculteurs travaillant leur dizaine d’hectares qu’ils entretiennent depuis plusieurs générations. Et font pousser avec fierté leurs fruits. Hervé Couzon, 35 ans, a hérité de son grand père, une ferme de dix hectares ; son père a converti cette ferme à la culture biologique il y a de cela vingt ans. Couzon travaille dix heures par jour afin de maintenir le rendement, faisant pousser moins de fruits puisqu’il n’utilise pas d’engrais chimiques –environ 10 tonnes par hectares et par an- mais employant plus de main d’œuvre que ne le ferait une exploitation classique. De part ce processus, il accomplit ce qu’il appelle «  son désir de nourrir et de contenter l’humanité avec des produits sains ».

            Couzon est né et a grandi ici, il a voyagé jusqu’en Europe de l’Est et au Sénégal. Sa femme est professeur d’économie et avec ses deux jeunes enfants et sa mère –ancienne dirigeante de la ferme- avec lui, l’A45 traverserait leur maison. « Je suis resté dans la ferme afin de maintenir la tradition familiale ». Il dit en pensant au bruit et à la pollution visuelle du paysage : « je suis plus effrayé par le désastre général que cette autoroute causera que par les soucis personnels qu’elle me fera ».

            Mais pendant qu’il se prépare pour la fête annuelle de la Cerise dans son village et qu’il transporte ses travailleurs dans les vergers le long des chemins calmes, il réalise que le changement absolu n’est pas la pire menace venant de la route. Il s’inquiète pour la réputation de leurs produits régionaux et l’effet nocif qu’auront les pluies souillées par la pollution, venant de l’autoroute, sur les vergers ; la poussière chargée de plomb, de zinc et d’hydrocarbures qui va recouvrir les arbres, les fruits ainsi que les ouvriers.

 

 

« D’un jour à l’autre, cette tranquille vallée recevra 40 % du trafic entre St Etienne et Lyon, dont des milliers de poids lourds  par jour. »

 

 

Les vergers automobiles

 

« Je dois assumer l’impact majeur sur ma production et la santé de mes arbres ». La route passe à moins de 200m de la plus grande partie de mes vergers. La même pollution se retrouvera dans l’eau de l’irrigation » dit Couzon.

            A cause des flancs escarpés des Coteaux du Jarez, l’autoroute inclura une série de tunnels et de ponts passant au travers de jolies collines. Sur le côté ouest du village de Cellieu, l’autoroute s’engouffrera dans un grand tunnel juste au dessus des vergers de Couzon. Emergent du côté nord, près de la plupart de ses arbres, pénétrant les hauteurs de la vallée de la Durèze, très agricole. Coupant à travers les flancs des collines par les cultures, traversant  les espaces grâce à une série de viaducs avant de quitter la vallée par une pente de 6%, l’inclinaison maximale autorisée pour ce type de voie routière.

            Imposée à la cime des pêches et des pommes, la route transformera complètement la petite vallée et la vie de ses habitants. Cela pendant dix ans, voire plus, de construction afin de terminer le projet. Ensuite viendra le bruit et la pollution, d’après  les estimations du gouvernement, 31000 véhicules par jour mais les critiques pensent que ce sera beaucoup plus. D’un jour à l’autre, cette paisible vallée recevra 40% du trafic entre St Etienne et Lyon ainsi que des milliers d’autres camions tous les jours.

            Les nombres sont controversés. Les estimations prédisent que le trafic doublera  avant 2015 –date à laquelle la route sera achevée au plus tôt. Le trafic dans la région a doublé dans les trente dernières années, mais le gouvernement  a revu à la baisse ses propres prédictions. En1993, il était prévu qu’il y ait 114 300 véhicules par jour roulant sur l’A47 avant 2010 mais des documents récents ne parlent que de 80 000 en 2020. L’été 2002 en pleine, saison près de 120 000 véhicules roulaient quotidiennement sur l’autoroute. 

Par Catalano
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 20:35

Article écrit par un journaliste indépendant, vivant à San Francisco, publié en 2005, dans une revue "CAR BUSTERS" imprimée à Prague.

 

En bas dans la vallée

Un projet d’autoroute menace la stabilité de la France rurale.

 

Par Mokai

 

 

 

Entre les rivières de la Loire et du Rhône sur des coteaux français, il y a des de l’un des plus long aqueduc romain, construit il y a presque 2000 ans. Appelé l’aqueduc du Gier, cet exploit en ingénierie est venu à bout de ce paysage rude afin d’acheminer l’eau sur 75km  jusqu’à la cité romaine : Lugdunum- appelée aujourd’hui Lyon.


            Aujourd’hui ces mêmes coteaux pourraient bientôt être le site d’un projet d’autoroute payante. Traversant sauvagement les mêmes chemins que le vieil aqueduc, l’autoroute A45 couperait largement à travers les terrains et par de petits villages, menaçant de changer définitivement la culture et l’environnement d’un espace rural unique.

            Cette autoroute va de pair avec un projet de boucle autour de l’Ouest Lyonnais et d’autres projets français de raccordement afin de relier l’Espagne à l’Europe Occidentale par un axe direct : Hambourg-Gibraltar.

            Pour les petits agriculteurs du sud-est du département de la Loire, l’impact sur la vie quotidienne va être sans précédent puisque les villages deviendront le décor des bords de route de dizaine de milliers de voitures et camions par jour.

            Les plans de l’autoroute A45 existent depuis 30 ans mais ont toujours été controversés puisqu’elle viendra en doublon d’une autre autoroute gratuite déjà existante à 5kms. En Juin 2005, le gouvernement a complété les études concernant la construction de cette voie, l’enquête publique débutera à la fin de l’année. Les défenseurs de l’A45 sont persuadés que cette route se fera.


            Pendant ce temps, les personnes sur le chemin du projet de construction attendent leur sort, sans informations sur la façon dont le gouvernement va gérer les expropriations terriennes et les constructions, dans l’incertitude concernant la compensation des étendues agricoles pour les exploitants ou alors l’impact qu’il y aura sur la valeur de leur propriété et la qualité de vie des riverains une fois qu’ils seront adjacent à une autoroute très active.

            De plus, l’opposition à l’A45, qui reliera Lyon et St Etienne, est grandissante dans la plupart des espaces urbains dans la vallée du Rhône alors que dans les régions stéphanoises les plus rurales et en crise,  s’accrochent à l’espoir vain que les problèmes économiques et routiers seront résolus par ce projet.

            L’ancienne autoroute A47 est en mauvais état et surchargée par de gros camions et bouchée par les personnes transitant de St Etienne à Lyon pour aller travailler. Cette congestion est l’argument pour la nouvelle autoroute mais ironiquement, alors que la nouvelle route fournirait un transit rapide à travers les régions pour les camions étrangers, l’amélioration sur la route existante et le travail sur un mode de transport intra régional comme le tramway et un meilleur service ferroviaire vont être sacrifiés.

 


            La vallée du Gier connaît une nette baisse de population après des décennies de chômage dans l’industrie de l’acier. La campagne s’étend entre les villes et les zones industrielles à deux doigts d’être absorbée par les banlieues grandissantes. La topographie compliquée a permis de supporter l’isolement où de minuscules villages datant du 12éme siècle s’accrochent aux sommets des collines sur un décor du Massif Central français et les routes peu empruntées et étroites serpentent le long des terres bordant les villages.

 

à suivre...

Par Catalano
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 19:04

http://www.zerotracas.com/securite_routiere/la_circulation_automobile_en_baisse_619.html

 

Et c’est une première en France depuis 30 ans. En effet pour la première fois depuis 1974, la circulation automobile a baissé en France en 2005.

 

 La source est officielle, puisqu’il s’agit d’une étude du ministère des Transports.

http://www.statistiques.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/SESP_EN_BREF_10_cle2c2b28.pdf

 

 La circulation automobile augmentait jusqu’alors en moyenne de 2 % par an au cours des années 1990 ; elle s'est stabilisée en 2004 et a diminué de 1,4 % en 2005.

Les déplacements, appelés « transport intérieur de voyageurs » selon l’étude du Service Economie, Statistiques et Prospective du ministère, se décomposent de la façon suivante :
- 83 % voiture
- 10 % transports ferroviaires
- 5% autobus et cars 
- 2% avion

La hausse de l’essence est bien sûr l’explication la plus naturelle (sur 2004-2005, les prix à la pompe ont en effet augmenté de 24 %) à ce changement de tendance : depuis 1999, la consommation diminue de 0,8% en moyenne chaque année. Mais ne sont concernés que les courts trajets : le trafic du réseau autoroutier continue de croître (+2,3% par an entre 2001 et 2005).

 

 


L'évolution du transport intérieur de voyageurs par modes confondus, est forte depuis dix ans (+ 3,4 % par an entre 1996 et 2005). Elle atteint, sur la même période, 4,1 % par an dans les transports en commun parisiens. Les transports collectifs urbains en province progressent plus lentement (+ 1,7 % par an sur la période) mais accélèrent à partir de 2001. Cependant, ces derniers stagnent en 2005, notamment en raison de travaux limitant momentanément loffre de transport.

 

 

 

TRANSPORTS COLLECTIFS 


La fréquentation des transports collectifs urbains bénéficie de la création de nouvelles offres en région parisienne et en province où plusieurs métropoles ont développé des systèmes de transport collectif en site propre (TCSP qui regroupent métros et tramways). Les sites propres offrent en effet une forte fréquence des passages. Ainsi, les habitants des agglomérations de province munies dun TCSP utilisent trois fois plus les transports publics que ceux des autres agglomérations. En 2005, quinze agglomérations de province possèdent au moins un tram ou un métro. Ces réseaux représentent 60 % des voyages en transport urbain (hors Île-de-France).


Les voyageurs bénéficient dune politique de tarification favorable, grâce aux efforts accrus des autorités organisatrices. Les prix des transports collectifs urbains acquittés par les usagers augmentent modérément depuis 1999 (+ 1,8 % en moyenne entre 1990 et 2005, malgré un ralentissement entre  2001 et 2003.     Lannée 2004 marque un retour à une forte croissance (+ 9,6 %), confirmée en 2005 (+ 7,8 %), après les trois années de stagnation qui ont suivi les événements du 11 septembre 2001.

 


 

 

4

Par Catalano
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 14:15

Les solutions alternatives au projet A45, proposées par la Sauvegarde des Coteaux du Jarez visent à réduire le trafic routier, notamment sur l'A47 pour la rendre plus fiable. Si, l'amélioration et le développement de la liaison TER Lyon-Saint Etienne plus la réhabilitation de l'A47, seront indispensables, il sera néanmoins nécessaire de les compléter, pour les rendre pérennes, par des mesures complémentaires telles que le développement :

- des transports collectifs

- des politiques visant à favoriser les emplois de proximité 

- du covoiturage

- des plans de déplacements d'entreprises

-du télétravail

-etc... 

 

Nous devons à Michel SOUWEINE, ingénieur habitant Sorbiers, le très intéressant exposé suivant sur le télétravail. Ce texte servira de référence à un article qui sera publié dans un futur bulletin de la SCJ, devant paraître en octobre 2011. Nous le remercions pour la précision de ses recherches et pour le temps qu'il a passé.

 

 

Télétravail : Un verre à moitié plein ?

 

Sans grande surprise, bien qu’avec un peu de jalousie, on constate que le télétravail est venu d’Outre-Atlantique. Une publication de 2004 résumait les étapes de son développement depuis les années 1950[1], avec quelques étapes marquantes : le premier choc pétrolier de 1973 et l’apparition du premier micro-ordinateur en 1981. Ajoutons le rôle majeur de la couverture géographique en haut-débit. Pour ce qui concerne la Loire, cette couverture s’est effectuée en 2003/2004 et toutes les tentatives de mise en place de télétravail avant cette date avaient peu de chance d’être couronnées de succès…

En Europe, les « pays du Nord » sont plus avancés que les autres quant au développement du Télétravail et la France figure parmi les ‘retardataires’

                                           Source graphique ci-contre [2].

 

 

De grandes sociétés mettent en place des stratégies concernant ce dispositif :

Dès 2003, c’est le cas d’Alcatel-Lucent, aboutissant, pour la France, à un accord d’entreprise en 2008[3] et le rôle des réseaux de communication est illustré par cet exemple qui concerne un acteur majeur dans ce domaine.

En 2007, Renault a lancé une expérimentation pour mettre en place le télétravail[4], et plusieurs motivations furent à la base de cette initiative, particulièrement l’amélioration des conditions de travail et de l’efficacité des salariés, de plus en plus éloignés de leur lieu de travail et confrontées à l’accroissement du trafic. En 2010, le projet atteint une certaine maturité avec l’extension du dispositif et la signature d’un accord avec les syndicats[5]. Quelques tendances apparaissent au travers de cet exemple : demande forte des salariés, pratique du télétravail sur 1 à 2 jours par semaine.

 

Mais le télé-travail ne s’applique pas qu’aux grandes sociétés. PME et TPE y trouvent des avantages en termes d’efficacité et d’amélioration des conditions de travail, au travers d’une organisation en réseau, structures légères et adaptatives dont Zevillage apporte des illustrations [6]

 

De nombreuses Associations s’impliquent dans le télétravail

La plus ancienne, l’Association Nationale pour le Développement du Télétravail (A.N.D.T.)et de la Téléformation, a été fondée en 1994[7].Elle intervient auprès des pouvoirs publics, des régions, des structures d’emploi et poursuit un ensemble d’objectifs ambitieux, dans le cadre du télétravail : Pour réduire le foncier des entreprises, participer au rééquilibrage du territoire, créer des emplois induits, développer l'usage des NTIC dès le premier âge, favoriser le travail des femmes, limiter et combattre la pollution, redonner leur place aux handicapés, montrer l’exemple dans les administrations. Sur ce point, la loi, votée en 2009 sur le télétravail[8], précisait l’objectif fixé, en son article 11 : ‘Dans un délai d'un an à compter de la date de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement présente un rapport au Parlement sur les mesures visant à promouvoir et à développer le télétravail au sein des administrations publiques.’ 

L’OBERGO (Observatoire des conditions de travail et de ‘l'ergostressie’),  a publié diverses études sur le télétravail. Une enquête[9] menée en 2010 et portant 31 critères auprès de personnes qui pratiquent ce type d’activité indique que le télétravailleur doit accepter plus de charge et de temps de travail pour une meilleure qualité de vie.  Il conclut également que le système doit réunir des conditions assez difficiles à remplir : profils des intéressés, relations sociales et volontariat. L’OBERGO cite des avis négatifs sur le télétravail, en termes d’économie d’énergie,[10] à partir du comportement des personnes quant à leurs déplacements et à l’impact sur leur lieu d’habitation. A contrario, Zevillage cite une étude américaine[11] effectuée en 2011 et très favorable au télétravail pour le salarié, l’employeur et la collectivité (l’environnement étant inclus dans cette classe)

 

L’Etat n’est pas indifférent au sujet, au travers de plusieurs Ministères :
En 2009, le secrétaire d’État chargée de la Prospective
et du Développement de l’économie numérique commande une étude au Centre d’Analyse Stratégique, afin de mesurer l’impact de l’arrivée d’une ‘société numérique’[12] . La France apparaît en retard mais les chiffres restent sujet à caution car très variables selon la région, le type d’activité et la forme de télétravail pris en compte[13]. Un contre exemple de ce retard est fourni par des sociétés, principalement dans le domaine du logiciel ou du service qui ont, assez tôt, perçu l’intérêt du télétravail et ont été jusqu’à l’adopter à 100%, confortés dans leur choix à chaque risque de pandémie, grève des transports ou aléa climatique[14]. Par ailleurs, un pays comme la Suisse, un moment en pointe sur le sujet, constatait en 2008 une défiance des personnes vis-à-vis du statut de télétravailleur[15]

En février 2011, c’est le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé[16] qui incite à ‘ améliorer l’environnement du travail : par exemple, …..le développement du télétravail’, après avoir, dès 2009, inscrit le télétravail dans le ‘plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale » [17] Une vue pratique mais combien réductrice de cette forme d’activité.

Le guide des Administrations et des Etablissements  Publics Eco-responsable (2010) mentionne le recours au télétravail [18] pour limiter les déplacements-domicile-travail, mais l’ADEME, qui fournit de nombreuses préconisations relatives à l’environnement et aux déplacements ne semble pas avoir consacré un document concernant le télétravail. Au reste, Zevillage propose un tel guide[19] à destination des entreprises, salariés et indépendants. Aux Etats-Unis, des logiciels (calculateurs) permettent d’estimer les gains réalisés grâce au télé-travail, pour chaque situation individuelle[20] : lieux d’habitation et de travail, horaires, …

Les personnes handicapées sont naturellement concernées par le télétravail dès lors que se pose la question de la mobilité comme l’indique l’Association Française du Télétravail et des Téléactivités (A.F.T.T.) [21]

 

Les 5 formes du télétravail : travail Sédentaire alterné,

 travail Coopératif, Nomadisme, à Domicile et en Télécentre sont maintenant bien fixées, ainsi que leurs statuts juridiques : travailleur salarié ou indépendant.

Les différentes activités et profils de postes concernés[22] fixent les points forts et les limites du télétravail, tant pour les entreprises que pour les télétravailleurs, avec une liste assez fournie de qualités personnelles et de compétences professionnelles requises[23].
Ainsi, pour le télétravailleur, il ne faut pas sous-estimer les risquesliés à l’isolement, à l’exigence d’autonomie et au stress. Il semble que le système du centre de télétravail apporte une réponse assez complète à ces 3 points, en limitant les déplacements tout en créant un espace convivial d’activité. La règle semblant être, en outre, celle d’une activité de télétravail pratiquée seulement sur 1 à 2 jours de la semaine. En région parisienne, les centres de télétravail devraient connaître un fort développement avec une centaine de projets [24].

Dans la Loire, un télécentre a vu le jour en 2011, à proximité de Balbigny, financé par l’Etat, le Conseil Général et la Communauté de Communes[25]. Nul doute que ce système fasse école, particulièrement en zone rurale et péri-urbaine d’après l’Agence Nationale de la Recherche, au travers du projet DISCOTEC [26]

Quant au point de vue de l’entreprise, les inconvénients, avérés ou supposés, qui prévalent encore dans bien des cas concernent l’isolement limitant l’accès de l’employé aux ressources de l’entreprise, la diminution de l’implication et le risque d’indiscrétion.

Paradoxalement, les avantages attendus par l’employeur sont à peu près de même nature que les inconvénients : Efficacité d’un personnel compétent, disponible, fidélisé par le système du télétravail et libéré du stress lié aux déplacements.

 

Au final, aujourd’hui, d’après une étude portant sur 240 entreprises[27], le télétravail fait apparaître des contradictions entre les salariés et les employeurs, les uns préoccupés par l’environnement, le coût des déplacements et l’amélioration de la qualité de vie, les autres réservés face à un système qui pourrait réduire leur autorité, comporter des risques quant à la sécurité de l’information interne et plus encore remettre en cause le modèle organisationnel sur lequel repose l’entreprise.

 

 



[1]http://teletravail.enquete.free.fr/telechargement/version6juin2010Teletravail-Impactconditionsdetravail-OBERGO.pdf

 

[3] http://www.zevillage.net/2010/11/les-benefices-du-teletravail-chiffres-par-une-etude/

[5] Note du rédacteur

[6] http://www.kimind.fr/2009/09/01/le-teletravail-reprend-du-galon/

[7] http://www.teletravailler.com/suisse-recul-du-teletravail-0805231834.html

[8] http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/discours,44/colloque-bien-etre-au-travail,13053.html

[9] http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/dossiers-de-presse,46/plan-de-continuite-d-activite-dans,10402.html

[11] http://www.zevillage.net/pdf/Guide-teletravail-CCI-Gers-Zevillage-2011.pdf

[12] http://www.teleworkresearchnetwork.com/calculator

[13] Note du rédacteur

[14] http://www.kimind.fr/2009/09/01/le-teletravail-reprend-du-galon/

[15] http://www.teletravailler.com/suisse-recul-du-teletravail-0805231834.html

[16] http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/discours,44/colloque-bien-etre-au-travail,13053.html

[17] http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/dossiers-de-presse,46/plan-de-continuite-d-activite-dans,10402.html

[18] http://www.administrations-ecoresponsables.ademe.fr/n/exemples-d-actions/n:115   voir la page 62

[19] http://www.zevillage.net/pdf/Guide-teletravail-CCI-Gers-Zevillage-2011.pdf

[20] http://www.teleworkresearchnetwork.com/calculator

[21] http://www.aftt.asso.fr/travail-a-domicile-et-handicap-article008.html

[22] [2] http://www.teletravailonline.com/le-teletravail-salarie.html

[23] http://www.teletravailonline.com/profil-du-teletravailleur.html

[24] http://www.leparisien.fr/oise-60/un-projet-de-100-centres-de-teletravail-05-05-2011-1435438.php

[25]http://www.forez-info.com/actualite/divers/14118-un-zennit-pour-le-teletravail.html

[26] http://2607.blogs.com/eclecticcoop/pdf/Telecentres-ruraux_Moriset_04-01-2011.pdf

[27] http://www.usinenouvelle.com/article/le-fosse-numerique-se-creuse-entre-les-entreprises-et-leurs-salaries.N148030

 

Par Catalano
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